Espoir ?

Espoir ?

Le revirement inattendu de Kim Jong-un et son soudain souhait de négocier ne peut que surprendre. Et réjouir. Mais aussi pousser à s’interroger sur les motivations de son brusque changement d’attitude.

Dans un premier temps, il lui apporte déjà une victoire psychologique qu’il pourra aisément employer dans sa propagande : négocier sur pied d’apparente égalité avec le président des États-Unis.

Ensuite, s’il accepte une dénucléarisation, il pourrait espérer une aide financière substantielle du Japon et de la Corée du Sud pour relever l’économie de son pays qui est dans état lamentable. Mais est-ce pour lui une priorité ?

Enfin, espérer que les États-Unis retirent leurs troupes de Corée du Sud, dans la cadre d’un plan global de démilitarisation.

Toutefois, on peut se demander si le dictateur nord-coréen est vraiment prêt à renoncer à toutes ses armes nucléaires. Pour l’instant, il ne fait de concessions que sur les missiles intercontinentaux. Dénucléariser totalement son pays lui ferait perdre l’atout majeur dont il dispose. Et qui, pour l’instant, lui donne l’avantage. En  y renonçant, il ne pourrait plus compter que sur le “parapluie” chinois. Et même si, jusqu’à présent, Pékin s’est avéré un soutien fidèle, il est certain (et logique) qu’en cas de crise internationale les Chinois fassent passer leurs intérêts avant ceux de la Corée du Nord.

Dans l’hypothèse d’un accord global, resterait la problème du contrôle. Comme le soulignait le Financial Times : “Il sera très difficile de vérifier les mesures de démilitarisation de la Corée du Nord”.

En conclusion, s’il y aurait lieu de se réjouir d’une éventuelle dénucléarisation de la péninsule coréenne, s’il y a là un vrai espoir de paix, la vigilance la plus extrême reste néanmoins de rigueur..

J.O.