Jeudi 19 septembre 2019

Simple révolte ou révolution ?

Le mouvement des “gilets jaunes” qui secoue violemment la France depuis des semaines est-il une simple révolte ou le début d’une révolution ? Au plan politique, il est trop tôt pour se prononcer. Même si l’on peut constater qu’il a déjà forcé Emmanuel Macron a une capitulation qui lui a fait perdre la face, va coûter plus de 10 milliards € à la France, va la faire largement sortir des critères de Maastricht et a montré que les citoyens sont plus intéressés par leur niveau de vie que par la transition écologique.

Révolution

En revanche, où l’on peut parler de révolution sans grand risque d’erreur, c’est dans la création, le développement, le fonctionnement et l’évolution de ce mouvement. Il va de soi qu’ici nous parlons des “vrais” “gilets jaunes” et non des casseurs anarchistes qui ont profité de ce mouvement pour se livrer à leurs exactions favorites.

Réseaux sociaux

Avec le mouvement des “gilets jaunes”, on se trouve devant une forme de “non-structure” enfantée par Internet. Au départ, il s’est uniquement développé grâce aux réseaux sociaux , n’avait pas (et n’a toujours pas) de corpus politique (sauf l’abolition de la hausse des taxes sur les carburants), pas de leaders et se situait en dehors de toutes les structures sociales existantes. Aucun responsable politique, aucun syndicaliste, aucun intellectuel, aucun journaliste ne l’avaient prévu. Ni même imaginé.

Nouveau

On se trouve donc devant un phénomène politico-social nouveau, tout à fait horizontal et issu d’une technologie nouvelle et complètement incontrôlée. Qui peut aussi bien conduire à un nouveau type de gouvernance plus démocratique qu’à une anarchie totale ou à une dictature féroce. Les nouvelles technologies permettant de surveiller les individus à distance comme aucune police politique n’a jamais pu le faire auparavant.

J.O.